Itinera Institute: Juger les résultats, pas les moyens

Tout assidu des médias belges aura eu un goût de déjà-vu cette semaine. Après les nombreuses piques «Moureaux-Reynders», on aura eu droit à un nouveau tour de manège sur l’inintéressante question, parce qu’impossible à répondre, de savoir si l’intégration est oui ou non un échec. Ces atermoiements et autres billevesées ont cependant le mérite de ramener le sujet sur la table. A droite, du côté francophone, les propositions fusent déjà pour pousser vers un parcours d’intégration des primo-arrivants (sur l’ineptie de concentrer les politiques d’intégration sur les primo-arrivants, voir mon précédent post). L’idée n’est pas neuve mais son application est, sans aucun doute, souhaitable. Néanmoins, trop souvent dans les questions d’intégration, les discussions s’attachent sur les moyens et beaucoup trop peu sur les résultats. En effet, lorsqu’on parle de parcours d’intégration, d’accès à la nationalité et de droit des votes des étrangers, on parle de moyens pour favoriser l’insertion des immigrants dans notre société. Au niveau international, l’indice MIPEX classe les pays en fonction d’un ensemble de critères jugeant la qualité des moyens mis en œuvre pour intégrer les immigrants. Mais quel peut bien être l’intérêt de donner l’accès à la nationalité si cela revient à transférer un contingent de migrants discriminés et marginalisés en belges du même tonneau. Ou de permettre le droit de vote des étrangers si l’énorme majorité ne vote pas in fine. L’obtention du droit de vote pour les étrangers non-européens avait fait couler beaucoup d’encre voici six ans, surtout en Flandre. Pourtant, aux dernières élections communales, à peine 15% se sont inscrits sur les listes. Depuis, calme plat, a-t’on entendu un seul débat ou initiatives pour familiariser les immigrés avec notre système électoral ou démocratique ? Même les partis de gauche, pourtant principaux récipiendaires du vote immigré, restent de marbre…Read more

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